Association Nationale des Centres d'IVG et de Contraception

Presse


Méthode médicamenteuse

Ce type d’interruption de grossesse peut se faire à l’hôpital jusqu’à 9 semaines d’absence de règles (aménorrhée   )ou à domicile jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée  .

La méthode médicamenteuse consiste à prendre deux types de médicaments à deux jours d’intervalle (36 à 48 heures) .

Concernant l’IVG   médicamenteuse à domicile (hors établissement de santé) le médecin qui prend en charge la femme pour une IVG   par méthode médicamenteuse doit avoir signé une convention avec un établissement réalisant des IVG  , et c’est lui qui remet les médicaments nécessaires pour la réalisation de l’IVG   à la femme. Il s’est formé pour cet accompagnement.

Un premier médicament, la mifépristone   (Mifégyne®), bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone) , prépare l’utérus à se contracter et favorise l’ouverture du col de l’utérus.
Un deuxième médicament , le misoprostol  , (Cytotec ®, Gymiso ® ) provoque des contractions de l’utérus et l’expulsion du contenu utérin.

Après la prise de la mifépristone    :
Un saignement peut survenir après la prise de ce premier médicament. Parfois ce saignement peut être plus abondant que des règles, s’accompagner de caillots et de douleurs. Cela ne veut pas dire que la grossesse est déjà arrêtée. Parfois l’expulsion du contenu utérin se produit mais il est indispensable de prendre la deuxième partie du traitement .

Après la prise du misoprostol    :
Cette prise de médicament peut se faire soit en hospitalisation dans le service qui a donné la mifépristone   (hospitalisation de 3 à 4 heures), soit à domicile .

Les contractions utérines vont survenir, parfois assez vite, et entraîner des douleurs ressemblant à celles des règles, parfois plus fortes. Les saignements vont survenir parfois très vite après la prise du misoprostol  , parfois plus tardivement .
Des nausées et des diarrhées peuvent parfois se produire après la prise du misoprostol  .

Dans 60 % des cas , l’expulsion du contenu utérin va se produire dans les 4 heures qui suivent la prise du misoprostol  , mais dans 40% des cas elle survient dans les 24 heures , exceptionnellement dans les 72 heures.

Des saignements très abondants (nécessité de changer de protection « maxi » plus de deux fois dans l’heure, deux heures d’affilée) ou de la fièvre, ou des douleurs ne cédant pas à la prise des médicaments anti-douleurs ,nécessitent une prise en charge par le service hospitalier par lequel a été faite la prise en charge où avec lequel le médecin est en convention pour la réalisation des IVG   par méthode médicamenteuse.

Si le choix est fait pour ce type d’IVG   à la maison, il est important que la femme ne soit pas seule et soit entourée d’une personne qui va être en mesure de l’aider .

Il est souhaitable que le climat soit détendu et non anxiogène.

La femme doit avoir reçu une information sur les évènements qui peuvent survenir afin de ne pas être surprise par l’abondance des saignements ou des sensations désagréables, voire intenses.

Si ces conditions ne sont pas requises, une méthode par voie médicamenteuse avec hospitalisation peut être préférable.

Les saignements peuvent être abondants quelques jours et durer jusqu’à quinze jours.

Une contraception doit être mise en place dès le lendemain de l’IVG  

Une visite de contrôle est indispensable dans les 14 à 21 jours qui suivent la prise du misoprostol   pour s’assurer que la méthode a été complètement efficace, ce qui est le cas dans 95 % des cas seulement. L’évaluation de l’efficacité se fera par un dosage d’HCG ou une échographie.

En cas d’échec une prise en charge par l’hôpital pour réaliser une aspiration peut être nécessaire.

INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE MÉDICAMENTEUSE À DOMICILE Guide mémo pratique juin 2016